Film - Chi l'ha visto ?

Durée : 65 minutes
Production : La chambre aux fresques (Thomas Schmitt) – Ladoc (Lorenzo Cioffi)
Avec Laurent Mothe, Barbara Carlotti,
Véronique Van Eylewick, astrophysicienne, et les équipes de la collaboration KM3net
Image : Hugues Gemignani, Sébastien Buchmann
Son: Fred Dabo, Laurent Malan
Montage image : Lucie Jégo
Montage son et mixage : Benjamin Laurent
CNC (Fonds d'Aide à l'Innovation Audiovisuelle - écriture)
Avec l'aide de la région Nouvelle-Aquitaine, de la région Campanie
et de la PROCIREP - ANGOA
L'écriture de ce film a bénéficié de la résidence 2020 organisée par le Centre de l'écriture à l’image de Saint-Quirin pour les documentaires de création
Chi l’ha visto ? revient sur les cinq dernières années de la vie du physicien Ettore Majorana, jusqu’au
jour de 1938 où, à 32 ans, il prend un bateau de Naples et disparait à jamais.
Le récit s’appuie sur la présence d’un acteur, Laurent Mothe. Il lit les lettres que Majorana adressait à sa famille, revient sur les lieux napolitains qu’il a pu connaître, et rencontre des astrophysiciens travaillant sur son héritage scientifique. L’équipe KM3Net cherche aujourd’hui à prouver l’existence du neutrino de Majorana en immergeant des télescopes dans les abysses de la mer Méditerranée. L’intercepter pourrait renseigner sur les origines du big bang et l’apparition de la matière dont nous sommes constitués.
Peu à peu, pris entre le vertige de cette énigme, les vestiges oppressants de l’entre-deux-guerres et la menace de la bombe nucléaire, le comédien s’identifie au personnage de Majorana, devient son double romanesque. Il remonte lui aussi le temps, confronté à des images de lui à l’âge où Majorana
a disparu.
La destinée d’Ettore Majorana m’intéresse car elle synthétise le trouble des années qui ont précédées la seconde guerre mondiale. Une complexité que je n’essaie pas de lever car j’y trouve un écho à la situation politique et économique actuelle.
L’absence de clairvoyance de Majorana sur la montée du nazisme peut être vue comme un total aveuglement ou un moyen de se rassurer. De ce malaise nait la nécessité de laisser place à l’imaginaire. La disparition d’Ettore Majorana aurait-t-elle été sa façon d’exercer sa
liberté dans un monde et une époque totalitaires ? Elle ouvre le champ des possibles.