MON PARCOURS

J’ai passé une partie de mon enfance en Nouvelle-Calédonie puis mon adolescence dans la ville nouvelle de Cergy alors en construction. J’y fréquentais le centre commercial Des trois fontaines et les zones industrielles où se trouvaient les boites de nuit. J’y ai sans doute développé mon goût pour les paysages ordinaires.
Après une licence à la faculté d’Arts plastiques Saint Charles (Paris 1), j'ai tout de suite travaillé comme assistante à la réalisation sur des films, puis réalisé deux documentaires : L’Histoire de la diplomatie française pour France 5 et un Thema pour Arte intitulé Surendettement, les Européens à découvert.
A cette époque, des réalisateurs comme Guy Girard, Xavier Villetard, Eric Pittard, m’ont communiqué leur goût des récits en musique et le plaisir de travailler la lumière. Leurs manières singulières d’aborder l’Histoire ou de réaliser des portraits de musiciens, d’écrivains, m’ont permis de découvrir le documentaire de création. J’ai poursuivi cet enseignement en résidence d’écriture à l’école documentaire de Lussas où j’ai développé mon film Revoir Cergy.
Avec ce film, je suis revenue sur l’étrange expérience qu’a représentée, pour les gens de ma génération, le fait de grandir dans cette ville construite ex-nihilo au milieu des champs dans les années 70. Depuis, la question de l’endroit où l’on habite et le regard que l’on porte dessus ne m’a plus quittée.
La danse tient aussi une place importante dans mes films. La relation d’amitié qui me lie à la chorégraphe Micheline Lelièvre y est sans doute pour beaucoup. Je la filme depuis des années lors de ses performances. En 2004, elle a chorégraphié les mouvements de la comédienne Clélia Colonna pour mon court-métrage Les poissons n’apprennent pas à nager. Dix ans plus tard, nous avons réalisé ensemble un portrait des danseurs Etoile Wilfride Piollet et Jean Guizerix, Chemins croisés de danse. Notre collaboration a influencé ma façon de regarder l’espace et la manière dont les danseurs et les non-danseurs le traversent.
J’aime réaliser de longs plans fixes dans lesquels le regard peut circuler. Par la durée, la précision des cadres, je cherche à donner une épaisseur aux lieux modestes que je regarde.
Ainsi, depuis quelques années, la photographie est venue prolonger la video dans ma pratique.
A travers films et photographies, je poursuis aujourd'hui mon exploration de différents territoires et des traces qu’y ont laissées les histoires individuelles et collectives.
Cette recherche se fait notamment depuis une dizaine d'années avec l’Observatoire Photographique du Paysage (OPP) piloté par Magali Laffond, paysagiste au Parc naturel régional du Vexin français.
Pour prolonger cette expérience, j'ai fondé en 2025 avec Brice-Manuel Catala, ingénieur urbaniste devenu enseignant-chercheur, L'Autre Observatoire, une expérimentation indépendante d’OPP menée sur les marges urbaines de Montreuil, la ville où j'habite à présent.